Une journée avec le réseau naturaliste de l’ONF

Articles, Biodiversité, Environnement et écologie, Reportage

Mai 2021. Massif de la Chartreuse.

5h du matin
Lucile, en stage à l’ONF, vient me chercher et on part en direction du monastère de la Grande Chartreuse. On y rejoint Sylvain, agent du réseau Avifaune de l’ONF, qui procède depuis quelques semaines à des inventaires ornithologiques dans différentes régions françaises.

Après un peu de grimpe dans les forêts peu entretenues au dessus du monastère, nous arrivons à une placette (point GPS choisi préalablement et au hasard). Nous y restons 20 minutes et Sylvain note les différentes espèces d’oiseaux qu’il identifie au chant et aux jumelles. On recommence ce protocole à différents endroits. C’est la répétition des passages des naturalistes sur ces points d’écoute qui permettra de confirmer les observations. Les informations récoltées sont reportées dans la base de données naturalistes de l’ONF et transmises à l’INPN

7h
On se dirige vers un spot où des rougequeues à front blanc (Phoenicurus phoenicurus) auraient été observés. Cette espèce est présente en France entre fin mars et début septembre, moment où il repart dans ses quartiers d’hivernage, en Afrique sahélienne. Bingo ! On entend son chant puis on arrive à l’observer en bordure de champs dans un petit village.

8h
Un café avalé, Lucile doit repartir et les agents de l’ONF me proposent de les suivre sur les crêtes au dessus de St Pierre de Chartreuse, à la recherche de rapaces. Proposition que je ne peux pas refuser. Et me voilà, cavalant à l’improviste les crêtes du massif de la Chartreuse, sur les traces des rapaces (et à la recherche de crottes de gélinotte) et à la rencontre des chamois pendant le reste de la journée.

Merci à Lucile, Thierry et Sylvain pour cette journée.

Le protocole IPA.
La méthode des Indices Ponctuels d’Abondance a été élaborée et décrite par Blondel, Ferry et Frochot en 1970 . Cette méthode consiste, aux cours de deux sessions distinctes de comptage, à noter l’ensemble des oiseaux observés ou entendus durant 20 minutes à partir d’un point fixe du territoire.


Pour en savoir plus : https://www.onf.fr/, https://www.lpo.fr/

Une journée sur l’eau avec Sea Shepherd

Articles, Biodiversité, Environnement et écologie, Reportage

Mars 2021. Opération Dolphin Bycatch

4h du matin.
Réveil silencieux au milieu des équipes de bénévoles qui vivent ensemble dans un lieu gardé secret. Il est temps d’enfiler plusieurs couches de vêtements et d’embarquer les combinaisons étanches dans la voiture. Une heure et quelques dizaines de kilomètres plus tard, nous arrivons au port pour prendre la relève de ceux qui sont restés toute la nuit afin de veiller sur le bateau. En effet, au port il faut se faire discret, Sea Shepherd semble être considéré comme l’ennemi numéro 1 des pêcheurs. Cette sensation est confirmée par les différents messages radios interceptés et qui nous sont directement adressés durant la matinée. Au milieu de quelques messages cordiaux, bien que tendus, on nous interpelle, nous dit de dégager.

Des premières lueurs du jour jusqu’au milieu de l’après-midi, à 5 sur le zodiac, nous suivront les bateaux de pêche qui relèvent leurs filets. La mission est simple : rester à une certaine de distance de sécurité et filmer les remontées de filet. Les images récupérées permettent de comptabiliser et de témoigner du nombre de « prises accidentelles » de dauphins dans ces filets. Selon Pelagis, un observatoire du CNRS, de janvier à mars 2020, le RNE (Réseau National Échouages) a enregistré 1067 échouages de petits cétacés sur la façade atlantique et en Manche. D’après les examens réalisés, la capture dans un engin de pêche reste la principale cause de mortalité observée chez le dauphin commun lors des événements d’échouages multiples en hiver et ce depuis les années 1990.

Je me surprends à regarder l’horizon, vide, dans le bruit sourd des enrouleurs de lignes, les mouettes s’affairent autour des poissons que les pêcheurs rejettent à l’eau. Parfois le bruit d’un marteau qui s’obstine à détruire un crabe ou un coquillage emmêlé dans les fils me terrifie. Je pensais avoir conscience de la réalité de la pêche, j’ai grandi sur la côte atlantique et il m’est arrivé de pêcher à la ligne avec des copains ou de la famille. Mais je n’avais jusqu’à ce jour pas conscience de la violence. Entre les humains et les autres animaux, leurs besoins respectifs de (sur)vivre. La violence d’un système, d’un monde, d’une lutte.

Mon cœur se serre quand je me rends compte que nous suivons ce bateau depuis plusieurs heures et qu’il ne cesse de remonter ses entrailles de plastiques. Et sur la carte GPS, j’en vois des centaines. Reste-il une seule langue de fond marin qui ne soit recouverte de filet ?

Il y a un univers entier qui sépare les deux bords – à tribord, le soleil qui épouse doucement les vagues argentées, la chaleur qui vient sécher l’écume sur mon visage et mon appareil photo, le goût salé de l’infini qui s’offre à moi – à bâbord, les deux activistes qui luttent pour tenir debout et filmer sans interruption la remonté des filets, éblouis par le projecteur que les pêcheurs ont dirigé vers nous, les craquements, le vacarme mais en même temps le silence, lourd, des militant.e.s qui savent ce qui se jouent sous leurs yeux. Un énième acte d’une tragédie qui prend place en Atlantique.

Des militant.e.s qui sont avant tout, des hommes et des femmes, qui partagent une envie : que la mer reste vivante.


Plus d’infos : https://seashepherd.fr/les-campagnes-sea-shepherd/operation-dolphin-bycatch/, https://www.observatoire-pelagis.cnrs.fr/

VIRAGE

Agriculture, Documentaire, Environnement et écologie, Réchauffement climatique

Dans le cadre d’un Diplôme Universitaire de Photojournalisme, Captation et Images aériennes à l’Université de Perpignan, nous sommes partis dans la campagne de Marmande à la rencontre de André, un agriculteur ambitieux et pionnier de la culture de fruits à coque et de poivres en France.


Ses voisins le prennent pour un fou, mais son assurance et son investissement pourraient en convaincre plus d’un. André a passé sa vie à travailler dans les champs de maïs du Lot-et-Garonne. À la suite d’un accident lié au produit utilisé en agriculture conventionnelle, André et ses fils ont pris un virage à 90 degrés pour se lancer dans l’agriculture biologique. Le réchauffement climatique impacte fortement la vie des agriculteurs, André, veut y faire face et s’adapter en optant pour une production de fruits à coques, moins consommateurs d’eau que d’autres plantations. Pour s’y faire, il compte produire ces plantations lui-même, de l’engrais à la vente.

Un film de Aurèle Guyot, Hugo Courville, Guilhem Respaut & Romane Schaeffer
Avec André Tesson

Musique : Flow de Yuriy Leontiev / Corals under the sun de Sivian Talmor.
Remerciement : Frédérique Grimard

Quelques photos réalisées pendant le tournage :

Backstages :